Sortir du bitume et de ses traumas !

Financer le Bifröst, un projet alternatif de l’organisme Pech comportant un centre communautaire d’accompagnement des personnes qui vivent avec des traumas multiples, et un nouvel édifice de 50 logements sociaux subventionnés.

Il y a une grande fierté à la Caisse d’économie solidaire à financer un projet comportant 50 logements sociaux subventionnés, et particulièrement l’initiative de Pech et du Bifröst, un centre communautaire d’accompagnement des personnes qui vivent avec des traumas multiples, dans le but de faciliter leur inclusion sociale et communautaire.

Les équipes de Pech à Québec ont découvert que 80% des personnes qu’elles accompagnent vivent avec des traumas multiples et cette réalité complexe a poussé l’organisme à développer des pratiques psychocorporelles et de soutien axé sur le corps, qui à l’instar d’une dizaine de centres spécialisés dans le monde, montrent des résultats et des parcours de rétablissement souvent impressionnants auprès des personnes qui ont des enjeux de santé mentale, de toxicomanie, d’itinérance ou de judiciarisation.

En très résumé, le nouveau paradigme d’intervention de Pech repose sur le postulat qu’avec les personnes qui ont un bagage traumatique, le chemin de la guérison doit passer en premier par le corps, pour émerger ensuite à la conscience des personnes. Cette petite révolution en matière d’intervention permettra aux personnes multiéprouvées de diminuer l’intensité de leurs traumas et de leurs effets sur leur vie ; la honte, la faible estime de soi, la culpabilité, le fonctionnement personnel, familial, social et professionnel difficile.

En créant le Bifröst, dont l’étymologie norvégienne fait référence au « pont » et à la « transformation », les intervenant.e.s du Programme d’encadrement clinique et d’hébergement (Pech), souhaitent – avec leurs partenaires institutionnels et communautaires – briser l’isolement des personnes désaffiliées et multiéprouvées des quartiers centraux de Québec. Avec l’initiative du Bifröst, les équipes de Pech et leur trois collègues psychiatres, désirent faire avancer les connaissances et les pratiques d’intervention en matière de traumas, un domaine peu développé dans l’ensemble des services de santé mentale existant au Québec, au Canada et dans le monde.

La coexistence entre citoyen.ne.s et personnes itinérantes a été mise à mal dans le quartier Saint-Roch à Québec, par la pandémie, la crise du logement et l’arrivée de nouvelles drogues, qui rendent agressives un certain nombre de personnes itinérantes.

L’organisme Pech a la conviction qu’à la base de ces problèmes, on doit offrir une stabilité résidentielle et ensuite intervenir sur le bagage traumatique des personnes. Ce changement de paradigme d’intervention avec les personnes multiéprouvées fera avancer les connaissances et les pratiques d’intervention sur la question du bagage traumatique, d’autant que ces personnes sont souvent réfractaires aux services offerts et qui ne correspondent pas à leurs besoins. – Benoit Côté, directeur général de Pech

 

Le sujet vous intéresse? Le Devoir titre une Petite révolution en santé mentale au Québec.

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